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Te Pounamu

Arahura river

Hokitika river

Une des légendes de cette jade…

 « Tama était un guerrier qui, abandonné par ses trois femmes, décida de partir à leur recherche. Lorsqu’il trouva sa première femme, celle-ci avait été transformée en Pounamu. Alors pris d’un profond chagrin, ses larmes en touchant le sol se transformèrent en « Tangiwai », pierres de larmes. Poursuivant ses recherches, il remonta le courant d’une rivière sur la Côte Ouest. Il y découvrit la pirogue dans laquelle ses deux autres femmes s’étaient enfuies. La pirogue avait coulé et gisait sous la forme d’un énorme bloc de Jade. L’équipage et la cargaison avait quant à eux été transformés en Pounamu, prenant la forme de rochers éparpillés dans le lit de la rivière.

Préférant ignorer le sort déjà réservé à ses épouses, « Tama », alors accompagné de son esclave “Tumuaki”, décida de s’enfoncer plus avant au cœur de l’île du Sud.

Mais un jour que ce dernier avait tué quelques oiseaux pour se nourrir et alors qu’il s’apprêtait à les cuire, il se brûla accidentellement à l’un de ses doigts.

Afin d’apaiser sa douleur, il suça son doigt, geste considéré alors comme « tapu » (sacré).

Pour avoir bravé cet interdit, il fut immédiatement transformé en montagne dans laquelle les premiers gisements de jade prirent naissance.

Les oiseaux, quant à eux, laissés sur le feu. »

Te Pounamu dans leur culture

C’est le nom maori pour désigner la pierre de jade verte issue de Nouvelle-Zélande.

Selon ce que certains maoris m’ont raconté, cette pierre est signe de protection et guérison, c’est une pierre reliée au cœur. Une protection spéciale du mauri ; qui est l’essence/force de vie.

Avant que cette pierre ne soit sculptée pour créer des bijoux, celle-ci servait d’armes (voir mere), de signes d’autorité du chef (toki), d’offrandes.

La relation avec le pounamu est très particulière, le taonga (cadeau précieux) en pounamu  est transmis généralement de génération en génération. Il contient le mana de son porteur, autrement dit sa force spirituelle, une partie de son âme. Reçu en cadeau, c’est un signe d’amour, de respect et de gratitude.

Si l’on ne le reçoit pas en cadeau, il est possible de s’en procurer un dans des conditions respectant leur tradition ; en prendre deux, un pour soi et un pour offrir à son tour. Attention à l’endroit où vous l’acheter….c’est devenu tellement demandé que la jade verte n’est pas forcément de Nouvelle-Zélande mais du Japon.

Si l’on en trouve un brut dans la rivière, il est préférable de demander la permission et bénédiction au prêtre du village ou tohunga (spécialiste) et d’être accompagné par ce dernier.  On trouve cette pierre de rivière dans l’île du sud, il faut avoir l’œil et surtout avoir de l’expérience pour bien distinguée les vraies des fausses. Parfois, on pense en voir trouver une car elle est verte mais non… Après avoir testé une après-midi de recherche avec un chercheur professionnel de pounamu, je peux vous dire que ce n’est pas évident du tout.

Je vous raconte quelques anecdotes dans la vidéo de mon histoire sur ce thème

Les différents types de Pounamu à l’état brut

Ces pierres sont de la catégorie des néphrites, bowénites ou serpentinites.

Inanga

Elle varie du blanc nacré, vert grisâtre et bleu, du translucide à opaque. Ce type est très prisé par la tribu de l’Île du Sud, Ngāi Tahu. C’est une pierre plus tendre qui, une fois portée, absorbe les huiles naturelles du corps en profondeur et peut virer au brun clair.

Kahurangi

Son nom fait référence à la clarté du ciel. Ses couleurs sont d’un vert pomme vibrant et riche, translucide et sans faille. Prisé à l’époque, il était utilisé pour fabriquer le Toki Poutangata (hermine de cérémonie) généralement confié à Rangatira (chef). Aujourd’hui il est utilisé pour ses qualités de gemme et réaliser toutes sortes de bijoux.

Kawakawa

Son nom vient du nom du poivrier et des ses feuilles. D’un vert riche à vert foncé intense presque noir avec de petites inclusions sombres. Variété la plus commune, populaire par son abondance et du fait de tenir la plupart des formes de taille.

Tangiwai

Du genre bowenite et non néphrite, elle est tout de même reconnue par les Maoris comme pounamu. De olive, brunâtre, jaunâtre à vert bleuâtre selon les régions. Les qualités de cette pierre sont qu’elle est translucide et parfois presque complètement transparente comme du verre. Tangi traduit signifie (pleurer ou pleurer) et (wai) est l’eau le nom complet de kōkō-tangiwai fait référence à un chagrin profond qui n’est jamais complètement guéri.

Flower jade

De l’inanga légèrement transparent, des verts kahurangi en passant par le kawakawa foncé intense. C’est le pounamu le plus populaire et le plus recherché par les sculpteurs modernes. Comme jadis, le jade était apprécié pour sa dureté, sa dureté et sa capacité à tenir un tranchant. L’artiste peut y créer toute chose.

Pipiwharauroa

Rare et unique, dans les variétés inanga, tangiwai et kawakawa foncé. Nommé d’après le coucou brillant, le plumage chatoyant vert et blanc est semblable aux minces bandes de lumière qui provoquent un effet chaotique comme un oeil de chat lorsque la pierre est déplacée.

Raukaraka

Forme rare de kawakawa pounamu. Il tire son nom de la feuille de karaka en raison de la couleur orange que l’épaisse croûte oxydée tire des minéraux de la Terre. Intérieur de couleur olive à vert clair. Au début de son utilisation, l’épaisse croûte était coupée et seul le le cœur était utilisé pour créer des bijoux, mais les sculpteurs ont tendance à le sculpter à fond, le contraste des couleurs pouvant en faire une pièce maîtresse unique.

Totoweka

Semblable à la variété kawakawa vert moyen mais diffère par les taches ou les traînées rouges sang. Il est rare de trouver totoweka dans les champs de jade du Westland, elle devient donc une pièce de collection. Des dépôts importants de totoweka se trouvent dans la région du sud des Westland. Le nom vient de toto (sang), weka (poule de brousse autochtone).

Les différentes formes de représentations

Mere : (arme), symbole de pouvoir et d’autorité

Toki : (hâche), symbole de force, détermination et autorité. Généralement porté par les chefs

Matau : (hameçon), symbole de virilité, du pêcheur, la mer, le courage

Tiki : (homme, dieu), symbole du premier homme maori, fertilité, chance, protection, identité.

Dans une famille maorie, si un membre porteur du tiki décède, il est remis aux générations suivantes dans un procédé de succession de son mana (force spirituel)

Roimata : (Larme), symbole d’énergie positive, féminité, rivière, guérison, confort, reconnaissance de la tristesse ou perte d’une personne, une assurance que vous êtes là pour eux et serez toujours à leurs côtés.

Larme créée à la séparation de Ranginui (Père Ciel) et Papatuanuku (Mère Terre). Dans la mythologie maorie, Ranginui et Papatuanuku s’aiment, leurs enfants vivaient entre eux dans les ténèbres. Nous voyons les gouttes de pluie comme les larmes de Ranginui pour sa femme, qui l’a quitté ; après que leurs enfants les séparent d’un effort pour voir la lumière et vivre en-dehors des ténèbres.

Pikorua : (torsion), symbole récent, relations, loyauté

Koru : (jeune fougère), symbole de nouveau départ, renaissance, croissance, régénération, espoir, ouverture

Manaïa : (esprit gardien, créature mythique), symbole de protection, d’équilibre entre le ciel, la terre et l’eau, trinité (naissance, vie, mort)

Le Koru et Manaïa sont souvent des formes qu’ils intègrent dans d’autres.

On retrouve aussi ces formes sculptées en os, pouvant être aussi offert sous forme de taonga.

Témoignage vidéo :

By |2019-03-07T11:49:13+00:00février 21st, 2019|article, Maoris, Peuples racines|0 Comments

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